Hugues Pagan est né en 1947 à Orléansville, en Algérie, ville qui s’appelle maintenant Chlef. Il y a vécu jusqu’à l’âge de 15 ans et demi. De retour en France, il suit des études de philosophie au terme desquelles il obtient un poste de professeur de philosophie à Gérardmer, dans les Vosges. En 1968, il met fin à sa carrière dans l’enseignement. Il exerce ensuite divers métiers : journaliste, attaché bancaire, photographe pour un journal local. En 1973, il participe à un concours administratif et est reçu inspecteur de police, une fonction qu’il occupe pendant une quinzaine d’années. Il y entre pour « pour ce que disait Camus dans Les Justes : être au centre des choses ».

Parallèlement, il devient écrivain en 1982 avec La mort dans une voiture solitaire. Suivent une douzaine de romans, où se dessinent ses obsessions : « les femmes – celles pour lesquelles on est prêt à sombrer –, la guerre d’Algérie, l’absence de ligne entre le bien et le mal ». Puis il devient scénariste de films et de séries de télévision. Ses récits policiers, qui appartiennent au roman noir, s’apparentent aux œuvres de Howard Fast. À partir de 2008, il signe les scénarios de l’adaptation pour la télévision de France 2 des romans de la série policière historique Nicolas Le Floch de Jean-François Parot. En 2017, il réapparait sur la scène littéraire avec un roman magnifique Profil perdu, chez Rivages. On y retrouve l’inspecteur Schneider déjà présent dans son premier livre. Profil perdu prend sa place parmi les meilleurs romans noirs. Un recueil de nouvelles est également paru en 2018 : Mauvaises nouvelles du front.

« Son œuvre, très noire, humaine, bouleversante, porte la trace de ces années dans la police, bien au-delà du genre. Elle plonge à même ses cauchemars, met en scène un univers incroyablement authentique de flics paumés, désabusés, pourris, confrontés à un monde qui va mal et sur lequel ils n’arrivent même plus à poser de pansements. L’écrivain qui naît est salué. Mais il se détourne au bout de quelques années du roman (il en a publié dix au total, avant le présent Profil perdu) pour s’atteler à l’activité plus rentable de scénariste : Police district, Nicolas le Floch. Son portefeuille y gagne en épaisseur, ses lecteurs y perdent. Le voilà de retour – et c’est bien. » Hubert Prolongeau. Télérama.

A découvrir au cours de la Master Class, le vendredi 14 juin, à 20h30, à la médiathèque de Millau.

Bibliographie non exhaustive

Romans

  • La Mort dans une voiture solitaire, Fleuve noir, 1982 – Rivages/Noir n° 133, 1992
  • L’Eau du bocal, Fleuve noir, 1983 – Rivages/Noir n° 295, 1998
  • Je suis un soir d’été, Fleuve noir, 1983 – Rivages/Noir n° 453, 2002
  • Vaines Recherches, Fleuve noir, 1984 – Rivages/Noir n° 338, 1999
  • Boulevard des allongés, Fleuve noir, 1984 – Rivages/Noir n° 216, 1995
  • Last Affair, Albin Michel, 1985 – Rivages/Noir n° 270, 1997
  • Les Eaux mortes, Rivages/Noir n° 17, 1987
  • L’Étage des morts, Albin Michel, 1990 – Rivages/Noir n° 179, 1994
  • Tarif de groupe, Rivages/Thriller, 1993 – Rivages/Noir n° 401, 2001
  • Dernière station avant l’autoroute, Rivages/Thriller, 1997 – Rivages/Noir n° 356, 2000 (Adapté en bande dessinée par Didier Daenincks, dessins de Mako, éditions Casterman-Rivages noirs, 2010)
  • Profil perdu, Rivages/Thriller, 2017
  • Mauvaises Nouvelles du front, Rivages/Noir, 2018

Scénarios pour le cinéma et la télévision

  • 2008-2017 : Nicolas Le Floch (série télévisée) : scénariste, d’après l’œuvre de Jean-François Parot
  • 2008 : Diamant 13, film de Gilles Béhat : scénariste, d’après son roman L’Étage des morts
  • 2006 : Un flic (série télévisée) : créateur et scénariste
  • 2006 : Mafiosa, le clan (série télévisée) : créateur et scénariste
  • 2004 : S.A.C., des hommes dans l’ombre (téléfilm) : scénariste